Blocage en Grèce, ouverture en Europe ?

(mardi 15 mai 2012)

La Grèce
Le résultat des élections grecques le laissait prévoir : malgré plusieurs tractations, il a été impossible de trouver une coalition qui accepte de poursuivre le programme de rigueur imposé par l’Union européenne.
On s’achemine probablement vers de nouvelles élections, peut-être le 17 juin, avec l’espoir qu’une nouvelle majorité se dégage. Dans le cas contraire, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro se renforce considérablement, malgré les difficultés techniques que cette solution fait apparaître.
La position allemande, en plein contexte d’élections régionales, reste inflexible sur tout relâchement de politique économique. En déclarant : « Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise. Nous ne le voulons pas, nous ne le ferons pas. », A. Merkel fixe les limites de toute négociation.

Le système bancaire
Comme si cela ne suffisait pas, deux autres nouvelles sont venues assombrir le ciel boursier. En Espagne, la dégradation du système bancaire a conduit les autorités à nationaliser partiellement Bankia, entité récente issue du regroupement de certaines Caisses d’Epargne et quatrième banque cotée du pays. Ce secteur est particulièrement touché par la crise immobilière et s’est vu imposer la constitution de nouvelles provisions, à hauteur de 30 Mds €, au titre des engagements pris durant les années fastes.
À New York, J.P. Morgan Chase a annoncé une perte de 2 Mds $ environ sur des dérivés de crédit. Les investisseurs ont réagi promptement en vendant le titre, ce qui a fait chuter le cours de 7 %. Cette banque s’était distinguée en luttant farouchement contre un excès de régulation. Les partisans de cette thèse viennent de perdre un appui important.

Les marchés financiers
Septième semaine de baisse en deux mois. En perdant 1,02 %, l’indice CAC 40 (3 129,77) est repassé sous son niveau de clôture de fin 2011 (3 159,81). Les marchés japonais (- 4,55 %) et américain (- 1,67 %) ont chuté également. La place boursière allemande fait figure d’exception avec un modeste gain de 0,28 %.
Mais ce sont surtout les marchés obligataires qui se sont fait remarquer. Le rendement de l’emprunt d’État français à 10 ans à perdu 3 pb à 2,80 % et, surtout, son homologue allemand est passé pour la première fois sous les 1,50 % en séance.
Le calendrier des prochains jours s’annonce chargé : 14-15 mai, réunion des ministres des finances européens ; 15 mai, rencontre A. Merkel et F. Hollande ; 18-19 mai, G8 aux États-Unis ; 23 mai, sommet européen et 31 mai, référendum en Irlande. Autant de sommets, autant de chances d’ouverture ?

Henri THIMEL
Analyste des Marchés - Natixis Asset Management