Le 24 janvier 2011

BPCE L’Observatoire : face à la retraite, les Français veulent
« sécuriser » des revenus sur le long terme

Comportements financiers, dimensions démographiques, économiques et sociétales… l’étude de BPCE L’Observatoire, intitulée Le nouvel âge des retraites, aspirations et stratégies d’épargne, et publiée en novembre 2010, dresse le portrait des Français face à la retraite.

Au-delà de la réforme promulguée le 9 novembre 2010, la question des retraites s’affirme comme un véritable sujet de société. Une problématique qui affecte profondément les comportements financiers. Experts de l’épargne, les économistes de BPCE y ont donc naturellement consacré le premier numéro de BPCE L’Observatoire*. Synthèse des principales observations et conclusions de l’étude.

Une situation démographique inédite, une problématique de société
Les sociétés européennes sont les premières, avec le Japon, à être confrontées à l’avènement d’une « société de longue vie ». Elles expérimentent une situation inédite de basculement démographique où un adulte sur trois aura plus de 65 ans en 2050. Cette nouvelle donne impose une réflexion globale : il est nécessaire de reconsidérer le modèle de croissance, de renouveler la relation au travail et d’organiser les temps de la vie de manière moins segmentée. La perspective de l’allongement de la vie professionnelle crée en effet une forte tension entre les conditions de travail perçues par les seniors, leur compatibilité avec un prolongement de l’activité et les difficultés d’insertion des jeunes. Entre les jeunes adultes « lucides », voire sans illusion sur les retraites, les 35-55 ans qui se sentent « trahis » et victimes de l’évolution sociale et les baby-boomers « positifs » mais un peu déçus, le conflit de générations est latent mais ne s’exprime pas grâce à la vigueur des solidarités familiales.

Un besoin d’épargne complémentaire, une attente de produits flexibles et sécurisants
L’avènement de cette « société de longue vie » a logiquement des conséquences en matière d’épargne. Les Français perçoivent une tendance durable de recul du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs. Et même si trois quarts des Français restent attachés au système par répartition, plus de la moitié souhaitent le compléter par un dispositif d’épargne complémentaire.
La retraite est donc une motivation centrale à épargner pour les Français. Et la réforme, perçue comme une étape et non comme une solution définitive et rassurante, a renforcé l’appétence pour l'épargne en général et accru la demande de produits de préparation à la retraite. Pour autant, ces derniers jouent un rôle encore limité dans l’épargne pour la retraite. Environ 30 % des Français actifs détiennent ces placements, avec une forte progression depuis 2006 mais, en montants, l’épargne-retraite individuelle ne représente que 5% de l’assurance-vie.
L’épargne pour la retraite est aujourd’hui dominée par l’immobilier et l’assurance vie, perçus comme des havres de préservation de la valeur et axés sur le long terme. C’est cette problématique plus large de sécurisation de long terme (revenus mais aussi aide aux proches, transmission, dépendance…) qui préoccupe les Français. Egalement soucieux de disposer de solutions adaptées à des parcours de vie plus accidentés, les Français sont en attente de produits rassurants et flexibles. Les produits d’épargne retraite doivent donc faire preuve de flexibilité aussi bien dans l’arbitrage entre rente et capital que dans le choix des périodes de déclenchement du dispositif. L’assouplissement du Perp (Plan d’épargne retraite populaire) inclus dans la loi de réforme constitue une évolution très positive cet égard. Alors que les fonds versés sur un tel contrat étaient initialement reversés uniquement sous forme de rente viagère au moment du départ à la retraite, il est désormais possible de demander une sortie partielle en capital à hauteur de 20 % de l’épargne accumulée.
Notons enfin que la diversité des attentes est aujourd’hui satisfaite par la diversité des offres en matière d’épargne. L’assurance vie, le PEA (Plan d’épargne en actions) ou l’immobilier locatif permettent d’épargner pour sa retraite mais disposent aussi chacun d’atouts spécifiques en matière de transmission, de fiscalité, de revenus ou de protection du capital.
Dernière conclusion : quels que soient les actifs utilisés, ce qui apparaît important est bel et bien de se constituer une épargne retraite à titre individuel le plus tôt possible.


  Pour aller plus loin : retrouvez
- l’étude en intégralité sur www.bpcelobservatoire.fr
- des paroles d’experts sur les problématiques liées à la retraite
- un regard sur nos voisins européens et leurs retraites
- le point de vue et la situation des femmes par rapport à la retraite

* L’ambition de BPCE L’Observatoire est de participer au débat public sur des sujets de société où BPCE a une légitimité à s’exprimer. Il s’agit d’une démarche d'expertise s’appuyant sur une approche originale : croiser l’analyse économique et la dimension comportementale. Les principaux auteurs de BPCE L’Observatoire sont Alain Tourdjman, Yann Benoist-Lucy, Eric Buffandeau et Loïc Le Biavant.