04/10/2016 - La semaine macroéconomique

Chronique économique

04/10/2016 - La semaine macroéconomique

Aux États-Unis, la Fed a maintenu comme prévu la fourchette cible pour le taux des fonds fédéraux entre 0,25% et 0,50%. Le ton du communiqué a été plus agressif que celui des précédents, suggérant la tentation croissante de relever les taux à court terme. D’autre part, la trajectoire attendue des taux est désormais plate, en léger repli pour se situer dans la fourchette que la Fed estime favorable pour mettre fin au cycle de resserrement de sa politique monétaire (entre 2,75% et 3,0%). Les commentaires de la présidente Yellen lors de la conférence de presse post-réunion ont peu évolué par rapport aux mois précédents. Ils laissent entrevoir un relèvement des taux en 2016 (en décembre), avec toutefois une normalisation très progressive de la politique monétaire. Probablement en raison des intempéries qui ont frappé le sud du pays, les mises en chantier ont fortement chuté en août (de -5,8% à 1142K).

Dans la Zone Euro, la production du secteur de la construction a augmenté de 1,8% M/M en juillet, contre 0,3% M/M en juin. Cette accélération s’explique principalement par la performance du secteur en France, avec un bond de 4,8% M/M. En Espagne et en Allemagne, la production du secteur de la construction a augmenté de respectivement 1,9% M/M et 1,8% M/M. En juillet, elle s’est toutefois repliée en Italie (-0,4% M/M). Globalement, la croissance de la production dans la construction observée en juillet constitue une bonne nouvelle et contraste avec la contraction de la production industrielle de la zone euro (-1,1% M/M). En outre, le climat des affaires s’est légèrement amélioré en septembre, en France. Après avoir chuté le mois précédent, l'indicateur du climat des affaires, mesuré par l’Insee, a augmenté d'un point à 102.

Au Royaume-Uni, Theresa May a été placée sous le feu des critiques, les députés Tories pro-Brexit lançant un nouveau lobby de politiciens et de chefs d’entreprise visant à l’empêcher de négocier un Brexit « soft ». Ces derniers préconisent une sortie brutale plutôt qu’un long processus de négociation avec l’UE. Par ailleurs, la tentative de rebond des indicateurs de confiance en août n’a pas été confirmée par les données de la BoE, qui augurent une dégradation des intentions d’investissement.

La Banque du Japon (BoJ) a surpris en décidant de pentifier la courbe des taux en ciblant un rendement du JGB à 10 ans proche de 0%, tout en laissant son taux directeur inchangé à -0,1%. Si le geste peut atténuer les effets secondaires défavorables du QE sur les marges bénéficiaires des banques et la liquidité du marché des JGB, il augmente le risque d’appréciation du yen, en particulier si la Fed reportait la normalisation de sa politique monétaire. Dans un tel scénario, la banque centrale pourrait plutôt décider d’élargir ses achats aux obligations d’entreprises et aux FILP, puis d’abaisser sa cible sur les taux longs. Indubitablement, une diminution du taux court aurait des effets secondaires plus bénins que ces dernières mesures.

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