13/09/2016 - Les conséquences de la concurrence par les coûts en zone Euro

Chronique économique

13/09/2016 - Les conséquences de la concurrence par les coûts en zone Euro

Si on observe les 4 principaux pays de la zone Euro, on voit, depuis la crise de 2008-2009, que la compétitivité-coût relative de l’Espagne et de la France s’est améliorée, que celle de l’Allemagne et de l’Italie s’est détériorée.

Les effets de cette déformation des compétitivités-coûts relatives de ces grands pays de la zone euro sont clairs: redressement de l’investissement en Espagne puis en France, pas en Allemagne ou encore moins en Italie et redressement des exportations en Espagne, mais pas en France, ni en Italie. Il y a donc bien accroissement de l’intensité de la compétitivité-coût entre les pays de la zone euro, l’enjeu étant l’accroissement des parts de marché à l’exportation et l’attraction des investissements.

D’où vient l’évolution de la compétitivité-coût de l’industrie ? Du salaire et de la productivité par tête hors cotisations sociales dans l’industrie manufacturière et du poids des cotisations sociales.

On voit que l’évolution de la compétitivité-coût de l’industrie depuis la crise de 2008-2009 est due :
En Allemagne, à la hausse rapide des salaires et à la stagnation de la productivité (d’où hausse du coût unitaire)
En France, à la modération salariale et à l’accélération de la productivité (d’où baisse du coût unitaire)
En Espagne, à la stabilisation des salaires et à la progression de la productivité (d’où baisse du coût salarial)
En Italie, à la hausse des salaires et à la stagnation de la productivité (d’où hausse du coût salarial malgré la baisse des cotisations sociales)

Cette situation peut être dangereuse :
Dégradation des finances publiques pour les pays qui utilisent la baisse des impôts des entreprises, sans la compenser par une baisse des dépenses publiques, pour réduire les coûts de production (France avec le CICE - Pacte de Responsabilité)
Risque déflationniste si tous les pays passent à l’équilibre non-coopératif où ils réduisent leurs coûts salariaux pour essayer de gagner des parts de marché et attirer des investissements.

Pour les économistes de Natixis, les politiques économiques qui modifient les coûts de production génèrent des externalités importantes (affectent fortement la situation des autres pays) dans une Union Monétaire: elles devraient donc être coordonnées. Un pays qui a connu une hausse anormale de ses coûts de production peut bien sûr la corriger, mais cette correction ne doit pas devenir une tentative non-coopérative pour prendre des activités productives aux autres pays de la zone euro.

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