20/09/2016 - Caractéristiques structurelles des pays de l’OCDE

Chronique économique

20/09/2016 - Caractéristiques structurelles des pays de l’OCDE

La politique budgétaire des principaux pays de l’OCDE devient progressivement plus restrictive, mais reste très expansionniste. Mais quel que soit le policy mix de ces pays, la recherche NATIXIS pense que l’économie de l’OCDE sera durablement caractérisée par une croissance faible et une inflation faible, en raison d’évolutions structurelles que les politiques monétaire et budgétaire ne peuvent pas corriger.

Le premier changement structurel dans l’OCDE correspond à l’affaiblissement des gains de productivité. Ce ralentissement persiste malgré le développement des Nouvelles Technologies. On peut au moins en partie l’attribuer à la déformation de l’économie vers les services et à l’importance des créations d’emplois dans les services peu sophistiqués.

Cet affaiblissement des gains de productivité réduit bien sûr la croissance de long terme des pays développés.

La deuxième réside dans le vieillissement démographique des pays de l’OCDE qui contribue aussi au ralentissement de la croissance potentielle, puisque le nombre de producteurs diminue par rapport au nombre de consommateurs. Lorsqu’il y a vieillissement on s’attend à ce que l’inflation progresse, mais l’exemple du Japon montre que l’évolution observée peut être tout à fait différente, en raison de l’évolution du fonctionnement du marché du travail, qui est notre point suivant.

La troisième évolution structurelle est la perte de pouvoir de négociation des salariés. La déformation de la structure des emplois vers les services peu sophistiqués au détriment de l’industrie, la financiarisation accrue de l’économie avec une pression à la hausse de la profitabilité des entreprises, la concurrence des pays émergents ont toutes conduit à une baisse du pouvoir de négociation des salariés. Il en a résulté le freinage des salaires, des coûts salariaux, donc de l’inflation sous-jacente.

En conclusion, les pays de l’OCDE sont caractérisés par des évolutions structurelles fortes et très probablement durables que sont le ralentissement des gains de productivité, le vieillissement démographique et la perte de pouvoir de négociation des salariés sur les marchés du travail. Il en résulte pour ces pays la perspective d’une croissance et d’une inflation faibles. Lutter contre ces causes structurelles par la politique budgétaire ou la politique monétaire peut se révéler contreproductif, et aboutir seulement à une augmentation de l’endettement public et à une quantité de monnaie excessive.

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