21/07/2016 - L'inflation sous-jacente de la zone Euro peut-elle se redresser ?

Chronique économique

21/07/2016 - L'inflation sous-jacente de la zone Euro peut-elle se redresser ?

La hausse du prix du pétrole va conduire à une hausse de l’inflation de la zone euro, mais cette hausse pourrait être transitoire si le prix du pétrole se stabilise ensuite.
Pour que la BCE puisse sortir de sa politique monétaire très expansionniste, il faudrait que l’inflation sous-jacente de la zone euro augmente. L’inflation sous-jacente de la zone euro est notamment liée à la croissance du coût salarial unitaire.

Une récente étude de Natixis analyse les facteurs qui pourraient conduire à une accélération du coût salarial unitaire de la zone euro. Il pourrait s’agir de l’indexation des salaires nominaux à la hausse de l’inflation due à la hausse du prix du pétrole ou de la hausse plus rapide des salaires nominaux due à la baisse du chômage de la zone euro.

Or, si on observe la croissance du salaire nominal par tête et l’inflation de la zone euro, on constate que le salaire nominal depuis 2011 a moins ralenti que l’inflation.

La question est alors: dans la période récente, une baisse du chômage a-t-elle toujours un effet important sur la croissance du salaire de la zone euro ? Aux Etats-Unis et au Japon, la baisse du pouvoir de négociation des salariés a fait disparaître le lien entre chômage et hausse des salaires. Dans la zone euro aussi, en raison notamment des réformes du marché du travail qui ont été menées.

Voit-on un affaiblissement dans le temps de l’effet du chômage sur la croissance du salaire nominal dans la zone euro ? L’analyse économétrique montre la disparition depuis 2010 de l’effet du chômage sur la hausse du salaire.

Une hausse de l’inflation sous-jacente de la zone euro rendrait plus facile la sortie du Quantitative Easing par la BCE. Elle se produira s’il y a accélération du coût salarial unitaire de la zone euro.

Dans la mesure où l’indexation des salaires nominaux au prix de consommation est stable et que la sensibilité de la croissance du salaire nominal aux variations du taux de chômage a disparu à partir de 2010, Il ne devrait donc pas y avoir une forte hausse de l’inflation sous-jacente.

Dans ce cas la question de l'efficacité des politiques monétaires accommodantes des menées par les banques centrales reste posée.

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