28/07/2016 - La Chine va-t-elle conserver son énorme excédents extérieur ?

Chronique économique

28/07/2016 - La Chine va-t-elle conserver son énorme excédents extérieur ?

La Chine a un excédent extérieur qui reste très important (environ 600 Mds de $ en 2016 selon une étude récente de Natixis), est à l’origine de «l’expansionnisme extérieur» chinois qui a pris des formes différentes au cours du temps.

De 2002 à 2013, l’excédent extérieur chinois a conduit à l’accumulation de réserves de change par la Banque Centrale, ces réserves de change étant pour une partie importante investies dans les dettes publiques des Etats-Unis, de la zone Euro, du Royaume-Uni et du Japon. L’excédent d’épargne de la Chine finançait donc les déficits publics des pays de l’OCDE et leurs déficits extérieurs surtout aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Depuis 2014, l’excédent extérieur de la Chine ne finance plus l’accumulation de réserves de change mais finance des sorties de capitaux qui sont essentiellement des sorties de capitaux d’entreprises. Une partie a consisté en la substitution de dette en Yuan à de la dette en dollars, mais la partie aujourd’hui essentielle consiste en des investissements et des acquisitions faits par des entreprises chinoises à l’étranger, mouvement symétrique du mouvement de freinage des investissements en Chine.

L’excédent extérieur de la Chine a donc financé son expansionnisme extérieur. D'abord un expansionnisme financier jusqu’en 2013 avec le financement des déficits extérieurs et publics des pays de l’OCDE par l’accumulation de réserves de change, puis un expansionnisme économique depuis 2014, avec les investissements à l’étranger des entreprises chinoises.

Cet expansionnisme extérieur de la Chine dépend donc crucialement de la capacité de la Chine à conserver un excédent extérieur important. La Chine devient une économie dominée par les services et la construction avec recul du poids de l’industrie, ce qui implique qu’il peut y avoir une croissance rapide du PIB sans croissance rapide des importations. Par ailleurs la dépréciation de la devise chinoise depuis 2014 soutient l’excédent extérieur de la Chine. Enfin le vieillissement démographique de la Chine va conduire à la disparition de son excédent extérieur. Mais l’exemple du Japon montre que cette évolution peut être longue et erratique.

L’expansion du capitalisme chinois est depuis 2014 basée sur le réinvestissement à l’étranger des excédents extérieurs de la Chine par les entreprises chinoises. Il durera donc aussi longtemps que la Chine aura des excédents extérieurs. L’excédent extérieur de la Chine n’est pas négativement affecté par la désindustrialisation (avec le très fort contenu en importations des exportations), et il est soutenu par la dépréciation du Yuan. Il n’est menacé que par le vieillissement démographique, qui devrait normalement conduire à une baisse du taux d’épargne des Chinois.

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