A la conquête du Plateau de l’Espace

A la conquête
du Plateau de l’Espace

Depuis 1946 avec la création du LRBA (Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques), Vernon est une terre d’innovations.
Le plateau de l’espace, ancien site militaire du LRBA ne cesse de s’agrandir et de voir s’installer des entreprises spécialisées en aéronautiques et aérospatiales.

Frédéric Thénot, Directeur Général du Plateau de l’Espace, revient sur l’ascension de ce projet d’envergure.

Le LRBA, 60 ans d'innovations

Le LRBA c'était : le programme Ariane, Galileo (système de positionnement par satellites), des programmes de centrales inertielles pour les sous-marins, des systèmes de guidage pour les missiles, des projets innovants (modélisation 3D, drones…)…
Suite à sa fermeture en 2012 par le Ministère de le Défense, la ville de Vernon avait pour objectif de poursuivre dans cette voie technologique avec la création de la SPL (société publique locale) Plateau de l’Espace.

Reconversion du site

L’annonce de la fermeture du LRBA en 2012 a donné lieu à  de nombreuses hésitations et discussions autour du devenir du site. Jusqu’à la décision, en mars 2013, de créer un outil spécifique, performant et adapté pour sa reconversion : une SPL.
Cette société est devenue active avec la nomination, en juillet 2013, de Frédéric Thénot, directeur général du plateau de l’espace, qui est arrivé « sur un espace totalement vide ».

La cession du site, le 24 février 2014, par l’Etat pour 1€ symbolique à la ville de Vernon marque le début de la reprise en gestion du site (70 hectares et environ 70 000m² de bâtiments) par la SPL.

Le projet de reconversion du site est donc en marche et il repose sur 3 grandes phases :

Premières missions

A la reprise du site, les premières missions de la SPL étaient « de continuer le fonctionnement des établissements recevant du public et de poursuivre les contrats de gardiennage».
Comme dans toute création d’entreprise, Frédéric Thénot a recruté du personnel dont notamment un responsable technique immobilier, une assistante…qui l’ont rejoint dès avril 2014.

L’une des étapes clé pour assurer la reconversion du site reposait sur la connaissance des lieux. En l’absence d’éléments matériels, de plans…il était « impératif de lancer les premières missions de diagnostics sur les réseaux (assainissement, électricité…) ». Frédéric Thénot est, ainsi, face à « une petite ville », un campus, avec des activités de labo, de recherches, des services et des habitations vacantes pour accueillir les salariés des entreprises implantées sur le site (aujourd’hui 45 maisons sur 133 sont louées).

« L’objectif de ce projet, c’est un projet économique avec un volet urbain et non le contraire. Tout le projet est au service du développement économique ».

Premières implantations

L’immobilier présent sur le plateau de Vernon, marqué par le LRBA, est conçu sous forme de laboratoire avec des équipements spécifiques : cage de faraday, pièce à empoussièrement contrôlé (salle blanche ou salle grise)...
Les premières entreprises à s'implanter l'ont fait pour des raisons liées à la nature des activités développées sur le site :

  • Octobre 2014 : la SPL Plateau de l’Espace signe son premier bail avec KEEPER (société spécialisée dans la fabrication de matériel innovant) ;
  • 15 décembre 2014 :  SAFRAN (ex SNECMA) loue un bâtiment de stockage de 1200m² ;
  • Au printemps 2015 :  SKF (leader mondial des roulements à bille) installe un laboratoire de recherche avec 15 salariés.

Ces premières implantations ont permis « de créer, à ce jour, 130 emplois sur le site et de générer indirectement 250 emplois sur 18 mois».

Objectif mutualiser

Après avoir démontré la capacité opérationnelle du site en implantant les premières entreprises, la SPL Plateau de l’Espace va plus loin. En effet, elle adopte une stratégie économique visant  à créer une plateforme d’équipements mutualisés liée aux métiers du spatial et de l’aéronautique. La volonté de créer un cluster (regroupement d'entreprises du même secteur) se concrétise.

L’expérience avec SKF a permis de prendre conscience d’une réalité : « les entreprises délocalisent, et parfois loin, tout ce qui est amont de la production : la recherche, le développement, le prototypage... ».
Il est donc important de « leur offrir un environnement où elles peuvent faire ces activités de manière mutualisé et collective tout en étant à proximité de leur espace de production. Un certain nombre de ces entreprises ont des sujets communs tels que la fabrication additive (processus de fabrication qui transforme un modèle 3D en un objet physique). »

Ce projet de plateforme mutualisée se tourne aussi vers l’extérieur. En effet, Frédéric Thénot a la volonté de «  la rendre accessible aux entreprises qui souhaitent acheter des services et  délocaliser, sur une période, des équipes de recherche.  C’est le fonctionnement du campus technologique de demain. »

La SPL Plateau de l’Espace a également pour projet de créer un hôtel et une pépinière d’entreprises spécialisées en ingénieries d’implanter  une  unité de formation et d’installer de la recherche. En 2018, 250 étudiants pourront se former à l’ITII. Cette école d’ingénieurs s’implantera sur le site de l’ex-LRBA et proposera 3 filières : mécanique et production industrielle, performance énergétique et génie industriel.

Les clés de la réussite

Aux prémices d’un projet, il est difficile de le faire partager et comprendre. Frédéric Thénot explique que dès le début : « la Caisse d’Epargne Normandie (CEN) n’y a pas seulement cru, elle y a adhéré et c’est un point essentiel. »
Il revient sur sa première rencontre avec Vincent Bataille, chargé d’affaires Logement Social et Société d’Economie Mixte à la CEN : « les premiers pas avec la CEN ont été ceux d’une création d’entreprise : ouverture d’un compte courant, première autorisation de découvert…le basique qui nous a permis de démarrer. Sans cet accompagnement, nous aurions eu du mal à aller plus loin. Nous sommes satisfaits que la CEN s’intéresse et s’implique à nos côtés. »

Aujourd’hui, les besoins de la SPL sont de plus en plus important, son ambition est grande et sa stratégie est complexe. « Le projet va vite et presque trop vite » par rapport à la capacité de trouver un financement. Anticiper est parfois compliqué car nous sommes surpris par la vitesse du projet. Et c’est là que nous avons besoin d’être soutenu. Répondre non à un client pour absence de financement est impossible et cela rendrait le projet inopérant ».
Ces problématiques sont liés au succès et Frédéric Thénot s'en félicite .

Le défi majeur est donc d’allier réactivité et soutiens financiers.