Financer les projets à impact : conseils d’expert

La Caisse d'Epargne, partenaire de la journée de la femme impact.

La journée de la Femme Impact, organisée par le MOUVES, SISTA et Willa, en partenariat avec la Caisse d’Epargne, a eu lieu le 13 décembre à Paris. Parmi les temps forts de la journée, une table ronde sur « la finance à impact » a apporté de précieux éclairages sur le financement des projets d’économie sociale et solidaire. 

Mesurer son impact

Eva Sadoun, co-fondatrice et Présidente de LITA.co a exposé les principes du financement équitable, modèle permettant aux investisseurs de financer des entreprises à impact grâce à des outils intégrant les externalités (tout ce qui dans l’activité économique ne fait pas l’objet d’une valorisation monétaire, mais constitue un apport de valeur ou à l’inverse produit des nuisances). On peut citer par exemple les green bonds, « obligations vertes » dont le taux est indexé sur la performance environnementale et financière d'un projet. D’autres outils prennent en compte les effets sur le capital humain des investissements réalisés. Pour « mesurer l’impact », LITA.co s’intéresse à plusieurs critères. Tout d’abord, l’entreprise doit respecter des objectifs de développement durable, en termes sociaux et environnementaux. Sont aussi attendus des principes de répartition de la valeur et de la richesse, avec une attention toute particulière aux écarts salariaux. « On valorise des projets ayant prévu des dispositifs de partage des richesses et qui mettent en place des systèmes de partage de pouvoir », explique Eva Sadoun. 

Apporter des solutions innovantes

Chez Aster Capital, fonds d’investissement en capital-risque, on investit dans les projets qui apportent des solutions innovantes dans le domaine de l’énergie, des mobilités et de la gestion des ressources naturelles… Et on entend aussi changer les règles du jeu du rapport entre entrepreneur et investisseur, en osant la bienveillance, déclare Raphaëlle Martin-Neuville, VC Associate. « Dans la société d’aujourd’hui, et encore plus dans le monde du financement et de l'entrepreneuriat, la bienveillance n’est pas toujours valorisée ».

Oser solliciter des financements

Imène Maharzi, CEO de OwnYourCash, plateforme dédiée à la croissance du nombre de femmes parmi les business angels, insiste sur l’importance de diversifier la population d’investisseurs… Car malheureusement, les projets portés par des femmes ne bénéficient toujours pas du même crédit auprès des financeurs. Et cela plus encore quand ce sont des projets à impact social. Nombreuses sont celles qui se voient recommander de créer plutôt une association alors qu’elles sont venues avec un projet entrepreneurial ! L’éducation financière est clé pour que celles qui ont les moyens d’investir se projettent dans le rôle de business angels et que celles qui ont des projets à potentiel de performance économique et sociale osent solliciter des financements.

Evaluer ses besoins sur le moyen-long terme

Marie Leclerc-Bruant, Responsable du marché Economie sociale et solidaire à la Caisse d’Epargne, note en effet que les femmes ont un rapport particulier à l'endettement : souvent, elles demandent deux fois moins de financements que les hommes. « Parfois, quand on ne veut pas s’endetter, on finit par avoir des problèmes de trésorerie après deux ou trois ans d’existence de l’entreprise. Les premières années d’un projet sont les plus faciles, mais c’est après que ça devient compliqué ». Aussi, il est essentiel, quand on s’adresse à un banquier, d’évaluer avec précision ses besoins de financement sur le moyen-long terme et de s’adresser à des chargés d’affaires experts de l’économie sociale et solidaire, qui en connaissent et en comprennent les modèles de gouvernance et de développement.

Photos : Jean Chiscano 

Rencontre avec Eva Sadoun, Présidente et co-fondatrice de LITA.co

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