Nathan Maillet

 

Nathan Maillet, la natation pour émancipation  

La scène se déroule auprès des bassins, un jour de championnat de France en 2009. Bertrand Sebire, entraîneur national à la Fédération française de sport adapté, ne manque pas d’un œil la prestation des jeunes nageurs. Parmi eux, il y a un gamin de 11 ans. « Ce qu’il montrait dans l’eau m’a beaucoup plu, raconte Bertrand. Et puis j’ai vu qu’il avait une sacrée envie de progresser : il est venu me voir pour me demander : comment fait-on pour entrer en équipe de France ? » Ce gamin, c’est Nathan Maillet, originaire de la Vienne et actuellement soutenu par Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes.  

« Nathan est devenu un exemple »  

Déficient intellectuel et ayant des troubles autistiques, le jeune homme a découvert la natation grâce à ses parents. « Ils cherchaient une activité pour le stimuler et pour qu’il se sente à l’aise ». Ce sera la natation, avec une entrée en club à 7 ans, en 2005. Rapidement, Nathan s’aguerrit dans les bassins, trouve un exutoire et progresse sans discontinuer. Simon Aubry, un éducateur sportif qui fait partie de son Institut médicoéducatif (IME), l’accompagne. Ce dernier, plutôt spécialisé en escalade, décide d’ailleurs de devenir maître-nageur afin d’aider ce champion dans sa progression.  

Nager sans relâche pour progresser en compétition, certes, mais aussi pour trouver un équilibre. C’est ce qui anime Nathan : en parallèle de son évolution sportive, il obtient son diplôme de sauvetage aquatique (BNSSA) et aspire à être à son tour maître-nageur et entraîneur. « Il est devenu un exemple pour nombre de nageurs en voulant mener de front ces deux projets ». Le temps dans les bassins façonne son corps et son esprit aussi : plus il progresse dans l’eau, plus il s’affirme en dehors. « Nathan n’a plus de difficulté pour s’exprimer, il sait prendre la parole, être social, s’intéresser à autrui, être autonome… ». En somme, grâce à l’accompagnement de l’IME et de ses proches, nager lui a offert de l’aplomb et lui a permis dex s’ouvrir aux autres.   

« L’enjeu, c’est de parvenir à gérer la pression » 

Bien dans ses baskets et bien dans les bassins, il gravit progressivement les échelons. Nathan compte notamment quatre titres de champion du monde : 100m dos et 100m nage libre (au Mexique en 2017), 100m et 200m nage libre (en France en 2021). De quoi lui offrir une première expérience paralympique lors des Jeux de Tokyo où l’athlète a disputé les séries du 200m nage libre et du 100m dos. Sa progression, logique, semble le mener tout droit vers les Jeux Paralympiques de Paris l’été prochain. Mais il faut encore se qualifier et rester serein en toutes circonstances.  

« L’enjeu pour Nathan, c’est de parvenir à gérer la pression, confie Bertrand Sebire. Lorsqu’un proche ou une autre personne lui parle d’une compétition, il va avoir peur de le décevoir et se mettre une pression exacerbée ». Son ouverture aux autres est devenue telle qu’il a donc fallu réaliser un travail conséquent pour trouver où mettre le bon curseur. Les interviews qui évoquent les Jeux Paralympiques sont d’ailleurs proscrites afin de le protéger. « Il faut qu’il parvienne à se dire qu’il nage pour nager, pour se faire plaisir et pas être focalisé sur le résultat qu’il peut faire ou non ».  

Le soutien de Caisse d’Epargne, « une reconnaissance forte » 

Ce challenge, à la fois psychologique et sportif, la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes a décidé d’y participer en soutenant Nathan, qui fait partie du Pacte de Performance, un programme qui vise à accompagner les athlètes se préparant pour les Jeux Olympiques et Paralympiques. « Il a été très touché lorsque la banque a fait part de son intérêt pour le soutenir, confie Bertrand. On sollicite souvent des entreprises ou des mécènes mais c’est très rare qu’une entreprise vienne vers nous dans ce cadre ».  

Il évoque « une grande chance », une « reconnaissance forte » et « une fierté » pour Nathan. Ce soutien permet au Viennois d’assurer le financement de ses déplacements, de son matériel, de ses stages et de parvenir à concilier ses défis sportifs avec sa formation de maître-nageur.  Surtout, « la Caisse d’Epargne a contribué à sa prise de confiance ». Impliqué auprès des collaborateurs de la banque, Nathan aspire désormais à tout donner, dans les bassins, pour poursuivre son irrésistible ascension jusqu’aux Jeux paralympiques l’été prochain.   

Marie-Pierre Frère, Directrice de la communication Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes 

« Lorsque nous avons souhaité créer notre team Olympique et soutenir un athlète paralympique de notre territoire, Nathan nous est apparu comme une évidence de par sa force de caractère, son enthousiasme, sa joie de vivre et son projet de vie.  

Nathan est un vrai modèle pour de nombreux petits nageurs de la Vienne, nous sommes très fiers de le soutenir dans ses projets et apporter ainsi une meilleure vision sur le handicap invisible et mental. » 

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