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De start-up à scale-up : comment la banque accompagne les entreprises innovantes ?

La France compte de plus en plus de « scale-up ». Il s’agit de start-up qui ont trouvé leur business model et sont en phase de passage à l’échelle.

Cette phase se caractérise le plus souvent par une hypercroissance (croissance à 2 chiffres sur au moins trois années consécutives), qui n’est pas sans représenter des défis pour l’entreprise et ses dirigeants. Le banquier de l’innovation est un acteur incontournable pour franchir ce passage.

Les explications de Charline Billard, chargée d’Affaires Grands Comptes & Néo Business à la Caisse d’Epargne Loire Centre.

Charline Billard, chargée d’Affaires Grands Comptes & Néo Business à la Caisse d’Epargne Loire Centre.

En quoi l’hypercroissance pose-t-elle des problématiques spécifiques de financement ?

Le principal défi d’une scale-up, c’est de faire face à la montée d’activité en opérant des changements majeurs dans un temps très court. Trois postes en particulier vont appeler des financements :

  • Le recrutement et le « capital humain »
  • Le CapEx (Capital Expenditure, soit le total des dépenses d’investissement corporel et incorporel consacrées à l’achat d’équipement professionnel)*
  • Le BFR (besoin en fonds de roulement)

Une start-up en phase d’hypercroissance exprime donc d’importants besoins de cash.

Comment la banque répond-elle à ces besoins ?

Pour ce qui est du BFR, nous intervenons souvent sur le court terme avec des facilités de caisse, de l’affacturage, des lignes d’avances en devises. Il peut également nous arriver de faire du financement avec le prêt innovation, sur du moyen terme, pour donner de l’oxygène à la structure.

Financer le CapEx, c’est le cœur de métier classique du banquier des entreprises. Prêts à terme et crédit-bail sont les principaux outils de financement. Ce n’est cependant pas intuitif pour une banque de positionner de la dette sur des structures qui perdent de l’argent (traditionnellement, la dette s’amortit sur ce que produit l’activité). Le banquier de l’innovation va donc s’intéresser à l’ensemble de l’ingénierie de financement, et notamment à l’articulation entre levées de fonds et financement bancaire.

Financer des recrutements n’est pas naturel pour une banque. Mais dans une phase d’hypercroissance, il y a forcément un décalage entre le temps du recrutement et le temps du retour sur investissement dans le capital humain. Le banquier de l’innovation regarde sous cet angle les besoins de financement du poste ressources humaines. Là encore, nous allons travailler l’articulation entre levée de fonds et financement avec notamment notre prêt innovation pour piloter l’amortissement.

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Mais l’hypercroissance est aussi une zone d’incertitudes, voire de risques.

Comment le banquier peut-il être un appui pour l’entrepreneur afin de les prévenir et de les gérer ?

Le grand défi des scale-up, c’est la structuration. Celle de la gouvernance, pour commencer, de façon à établir des processus de prise de décision clairs et efficaces. Il y a aussi deux fonctions clés que nous regardons de près : la DAF et la DRH. De jeunes start-up ou des structures en croissance maîtrisée peuvent avoir un DAF en temps partagé. Une scale-up a besoin d’un directeur financier à temps plein et qui témoigne d’une expérience solide, par exemple en ETI. La DRH est quant à elle au cœur du réacteur d’une entreprise qui va devoir recruter des talents en nombre, mais aussi intégrer, engager, fidéliser, s’assurer d’une organisation du travail qui n’use pas le capital humain.

En tant que banquier, nous sensibilisons nos clients sur ces enjeux et proposons des solutions adaptées : placement du cash disponible, outils de gestion des risques et outils financiers pour l’internationalisation, dispositifs de motivation et de fidélisation.

L’hypercroissance est un passage critique pour une start-up qui devient une scale-up. Ce qui va faire la différence, c’est la façon dont les dirigeants savent s’entourer et se faire accompagner par des acteurs de référence, dont le banquier de l’innovation.

*La CapEx se définit comme étant des investissements effectués par les entreprises, afin d’acquérir des immobilisations corporelles comme une machine, un immeuble par exemple. Il peut également s’agir de brevets ou de logiciels (biens incorporels).

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