Entrepreneuriat des femmes : où en sont la France et les pays européens ?

Les 7 points clés de l'entrepreneuriat féminin en Europe

A l’occasion de la Journée des Femmes Entrepreneures du Salon SME dont la Caisse d’Epargne est le partenaire exclusif, sont révélés les résultats d’une grande enquête Caisse d’Epargne/CREDOC portant sur un panel de 2 500 entrepreneurs à temps plein, hors micro-entreprise, en France, Italie, Suède, Allemagne et Royaume-Uni. Cette étude a été conduite en juillet 2019.

 

Voici les 7 points clés à en retenir :

1/ Le choix d’entreprendre et de prendre en main son destin professionnel

Pour 8 entrepreneures françaises sur 10, entreprendre est un choix, l’exercice d’une liberté. Les proportions sont équivalentes pour l’ensemble des pays étudiés, à l’exception de l’Italie qui voit 36 % de femmes entrepreneures déclarer qu’elles ont entrepris par nécessité ou sous la pression de contraintes.
Les entrepreneures françaises sont 41 % à déclarer entreprendre pour ne plus avoir de chef et 39 % à estimer que l’entrepreneuriat permet de prendre en main son destin professionnel. En Suède, la motivation principale est la concrétisation d’un projet.

2/ Le déclic pour entreprendre

Parmi les « contraintes » qui poussent à l’entrepreneuriat, un événement de la vie professionnelle, tels une mobilité ou un licenciement, arrive en tête des raisons de passer à l’acte chez les Françaises (tandis que c’est plus souvent un évènement de la vie personnelle chez les Italiennes).
Pour près d’un quart des entrepreneures françaises, la rencontre avec une personne inspirante, par exemple un autre entrepreneur, a favorisé le déclic. En revanche, les réseaux d’accompagnement sont peu représentés parmi les promoteurs de la décision d’entreprendre. 26 % des entrepreneures françaises déclarent d’ailleurs ne pas avoir eu accès à l’information sur ces réseaux et sur leurs rôles. 3 Françaises sur 4 ne sont pas accompagnées pour la création ou le développement de leur entreprise. Une donnée regrettable quand on sait, sur la foi de plusieurs études (dont celle de France Stratégie menée en 2013) que les entreprises accompagnées ont un taux de pérennité à 3 ans de 10 points supérieurs à celles qui n’ont pas eu recours aux services d’un réseau.
Les Britanniques l’ont compris, qui font particulièrement appel à ces réseaux.

3/ Créer ou reprendre ?

67 % des entrepreneures françaises sont des créatrices. 30 % ont fait le choix de reprendre une entreprise déjà existante. Et parmi ces repreneuses, moins d’un tiers a bénéficié d’une transmission familiale. Autrement dit, les Françaises ont bien en tête que la reprise d’une affaire existante est une opportunité tout aussi enthousiasmante et porteuse de promesses de succès que la création.
Cette culture de la reprise d’entreprise est nettement moins marquée dans les autres pays européens ciblés par l’étude, exception faite de l’Italie qui connaît le plus de transmissions familiales vers des femmes.

4/ Croître et créer de l’emploi

Le modèle de l’entreprise en solo reste largement majoritaire (61 %) chez les Françaises. Et rares (8 %) sont celles qui sont à la tête de structures comptant au moins 6 salariés. Leur faible intention d’embaucher (de 10 points inférieurs à celle des hommes français et 2 fois moindre que chez les femmes britanniques) semble indiquer la persistance d’une grande prudence quant à la croissance des effectifs de leur entreprise.
Est-ce la peur d’investir dans l’avenir ? La méfiance quant à la lourdeur administrative et au poids des charges sociales ou bien la volonté de s’inscrire dans une organisation entrepreneuriale ultra-agile faisant appel à des ressources externes en fonction des besoins réels de l’activité ?
Par ailleurs, lorsque l’on interroge les européennes sur les principaux domaines à développer pour faire croître leur entreprise, elles sont unanimes sur le besoin prioritaire de trouver de nouveaux clients. Fait marquant : les Suédoises sont particulièrement tournées vers l’innovation et souhaitent développer de nouveaux produits et services.

5/ La confiance des entrepreneures en question ?

L’étude révèle que les entrepreneures européennes, en particulier les Britanniques et les Françaises, sont en proie au doute quand elles envisagent d’entreprendre.
Partout, les femmes manifestent un niveau moindre de confiance en leurs capacités que les hommes. C’est en France que l’écart genré est le plus fort (17 points) et en Allemagne qu’il est le plus faible (2 points).

6/ Le financement, clé de la réussite des entrepreneures françaises

Si partout en Europe, l’apport personnel est majoritairement considéré comme la première source de financement au démarrage, d’importants écarts géographiques se signalent ensuite : les Françaises sont de loin les plus nombreuses à recourir à l’emprunt bancaire (3 fois plus que les Britanniques et 2 fois plus que les Allemandes).
Cela s’explique en grande partie par le fait que les entrepreneurs semblent bien accueillis par les banquiers : ils sont près de 80 % à n’avoir pas rencontré de difficultés pour obtenir leur emprunt… Contre seulement 64 % des Allemands ou 72 % des Italiens.

7/ Entrepreneure et heureuse !

L’aventure entrepreneuriale est perçue comme un véritable défi : les entrepreneurs, quel que soit leur genre, sont lucides sur les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et soucieux d’être bien conseillés (par le banquier, l’avocat, le comptable, les organisations professionnelles) pour les surmonter.
Néanmoins, une chose est très claire : entreprendre est épanouissant !
D’Italie en Suède, en passant par la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, les femmes entrepreneures se disent à plus de 60 % heureuses dans leur vie actuelle… Et ce chiffre monte jusqu’à 78 % pour les Françaises et 84 % pour les Suédoises.